



En mars de cette année, notre force opérationnelle en Afghanistan a effectué une autre relève sur position. Les membres des forces terrestres, maritimes et aériennes qui faisaient partie de la rotation initiale de l’opération Attention, la contribution canadienne à la mission de formation en Afghanistan, sont de retour dans leur famille et recommencent à travailler dans leur unité d’appartenance.
À titre de commandant des membres des Forces canadiennes déployés dans le cadre d’opérations expéditionnaires, je tiens à remercier l’Armée canadienne, la Marine royale canadienne, l’Aviation royale canadienne et les unités interarmées des Forces canadiennes d’avoir fourni ces militaires de tout premier ordre à la contribution canadienne à la Mission de formation de l’OTAN en Afghanistan (MFO-A), qui compte 37 pays participants et qui constitue notre plus important engagement à l’étranger aujourd’hui. De plus, je tiens à remercier une fois de plus tous les membres de la Roto 0 pour leur excellent travail.
J’ai également un message pour les familles, les amis et les collègues de tous ceux et celles qui ont participé à l’opération Attention, qui y participent actuellement ou qui y participeront. En Afghanistan, que ce soit à Kaboul même, à Herat ou à Mazar-e Sharif, nos militaires travaillent pour une noble cause et font une énorme différence. À partir de la MFO-A, ils offrent une aide vitale au gouvernement de la République islamique d’Afghanistan et aux forces de sécurité nationale afghanes alors qu’elles grandissent en qualité, en quantité et en capacité. Ce travail doit surmonter de nombreux défis, mais l’engagement combiné de nos militaires, de nos partenaires de l’OTAN et des Afghans eux-mêmes a permis d’accomplir d’importants progrès, et ces progrès se poursuivent.
En septembre 2009, lors de la création de la MFO-A, les forces de sécurité nationale en Afghanistan comptaient quelques 97 000 militaires et 95 000 policiers. En date du 29 février 2012, l’Armée nationale afghane et l’Aviation afghane, ensemble, comptaient 188 000 militaires de tous les grades. De plus, en date du mois de mars 2012, la Police nationale afghane comptait 149 000 hommes et femmes qui travaillaient dans une vaste gamme d’organisations vouées à la sécurité publique. Cela représente une croissance globale de 148 000 membres de l’armée, de l’aviation et de la police en un peu plus de deux ans. La croissance se poursuit.
En 2011, la MFO-A s’est concentrée sur la professionnalisation, c’est-à-dire sur l’ajout de la qualité à la quantité, pour permettre aux forces afghanes d’être autonomes et d’assumer la pleine responsabilité pour la sécurité dans leur pays d’ici la fin de 2014. La MFO-A et les ministres afghans de l’Intérieur et de la Défense se concentrent ensemble sur les cinq priorités suivantes : la formation des formateurs et des instructeurs afghans, l’accélération du perfectionnement des leaders, l’alphabétisation et l’acquisition de compétences professionnelles, la mise en place d’un éthos en matière de gérance et la mise sur pied d’institutions et de systèmes durables.
L’expérience acquise lors des opérations nous a déjà démontré que la première rotation d’une nouvelle mission peut être difficile. Dans un environnement opérationnel en évolution constante et rempli « d’inconnus inconnus », la contribution du Canada à la mission de formation en Afghanistan a dû relever le double défi de faire une bonne première impression sur nos alliés de l’OTAN et nos partenaires afghans et de jeter les bases sur lesquelles les rotations ultérieures se fonderont. Les militaires envoyés cette année dans le cadre de l’opération Attention ont écrit un autre fier chapitre dans l’histoire de la contribution canadienne au combat pour la stabilité en Afghanistan et ont tracé la voie pour ceux qui les suivront.
Pendant la Rotation 0 de l’opération Attention, le Canada a pris la direction des deux plus grandes installations de l’Armée nationale afghane : le Centre d’instruction militaire de Kaboul, commandé par le colonel Mike Minor, et le Centre consolidé de mise en service, commandé par le colonel Rory Radford. Des équipes canadiennes se sont jointes aux groupes consultatifs en instruction aux centres d’instructions militaire régionaux de Darulaman, desservant la région de la capitale, à Herat dans l’Ouest et à Mazar-e Sharif dans le Nord, pour soutenir l’instruction de base de combattant (l’école de recrues), les cours d’alphabétisation, la formation d’instructeurs et plusieurs autres programmes pour créer des leaders à tous les grades, pour encourager les compétences essentielles du soldat, pour créer des instructeurs afghans et pour bâtir le corps d’officiers et de sous-officiers compétents essentiels à toute armée et à tout service de police.
Ces centres de formation ont vu passer environ 68 000 militaires et leaders de l’ANA, soit l’équivalent du nombre de membres des Forces canadiennes à l’heure actuelle. La MFO-A se concentre sur la qualité des formateurs et des instructeurs afghans, car ils constituent la pierre angulaire de l’autonomie institutionnelle. La plupart de la formation est déjà assurée par des Afghans, et des Canadiens et d’autres membres de la MFO-A travaillent avec eux dans des rôles de soutien, de conseillers et de mentors. Aujourd’hui, les forces de sécurité afghanes comptent plus de 4 000 formateurs afghans et, d’ici la fin de 2012, tous les cours de recrue et toute la formation professionnelle de base seront offerts par des Afghans. Le plan est de faire en sorte que toute la formation soit offerte par des instructeurs afghans expérimentés, éduqués et qualifiés d’ici 2014.
Bien entendu, on mesure vraiment l’efficacité des forces de sécurité par la prévalence de la violence dans leur zone de responsabilité. À l’échelle de l’Afghanistan, les attaques d’insurgés ont grandement augmenté en 2010, mais ils ont diminué tout aussi grandement en 2011, même pendant la soi-disant saison des combats. Selon le Rapport annuel du secrétaire général de l’OTAN pour 2011, la baisse globale pour l’année était de 21 pour cent. Toujours en 2011, plus de 50 pour cent des Afghans ont vu leurs forces armées et leur police remplacer les forces de la coalition à la tête des opérations de sécurité dans leur district. Ce chiffre passera bientôt à 75 pour cent.
Nous avons commencé en réalisant le travail pour eux, et depuis un certain temps, nous le réalisons avec eux. Bientôt, il sera réalisé complètement par eux. En plus d’être parfaitement approprié, c’est ce que les Afghans désirent.
L’Afghanistan est un pays qui compte 30 millions d’habitants demeurant dans un secteur dur. C’est toujours un endroit dangereux. Bien que les conseillers en instruction passent leur temps « à l’intérieur des barbelées », ils ne peuvent éviter tous les dangers d’une société qui lutte contre des insurgés déterminés. Nous pleurons tous la perte du caporal-chef Byron Greff du 3e Bataillon, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, qui a été tué le 29 octobre 2011 dans un attentat suicide qui a fait 17 morts au centre-ville de Kaboul. Alors que nous et nos partenaires demeurons toujours vigilants, ce terrible incident a servi à nous rappeler encore une fois à quel point il est important de soutenir la création d’une capacité dans les forces de sécurité nationale afghanes.
Ce sont nos partenaires afghans qui font face directement à l’insurrection, cependant, et les membres de leur famille sont tout aussi à risque à leurs côtés. Les articles sur les attaques des insurgés se concentrent sur les soldats de la coalition impliqués, mais ces insurgés blessent et tuent un très grand nombre d’Afghans ordinaires, tant des civils que des responsables de la sécurité : des ouvriers, des étudiants, des femmes au foyer, des fermiers, de jeunes enfants, des personnes âgées, des entrepreneurs ainsi que des militaires et des agents de police. C’est de plus en plus les Afghans eux-mêmes qui font face à la menace et qui assurent la sécurité de leurs concitoyens.
La Rotation 1 de l’opération Attention est maintenant complètement déployée et travaille en étroite collaboration avec nos partenaires afghans et de l’OTAN. La relève sur position en Afghanistan s’effectue deux fois par année depuis janvier 2004, les premiers jours de l’opération Athena. Cette transition en apparence facile entre nos forces opérationnelles en rotation est possible grâce à l’effort soutenu de garnisons, de bases, d’escadres, de secteurs d’instruction et de collectivités partout au Canada. Les systèmes de mise sur pied d’une force de l’Armée, de la Marine et de l’Aviation, entre autres, travaillent de concert avec les familles et les communautés pour donner à nos militaires la meilleure préparation possible pour une affectation sécuritaire et réussie.
La Rotation 0 constituait un excellent départ pour ce chapitre de cette mission cruciale. Son succès est un produit direct d’un leadership fort, d’efforts dévoués et de l’imagination et de la flexibilité pour laquelle les Forces canadiennes sont célèbres. Merci d’avoir prêté vos gens, vos coéquipiers et les membres de votre famille à cette mission. Ils ont fait grand honneur au Canada et à notre profession des armes.