Ville de Kandahar, Afghanistan; 2 avril 2009 —
De gauche à droite : L’Adj Francis Bérubé,
le Sgt Rémi Dubé, le Sdt Moisan et le
Cpl Ouellet-Quirion au Camp Nathan Smith avant
un départ en patrouille dans la ville de Kandahar.
Par le Sergent Rémi Dubé
Le 20 mars dernier marqua l’aboutissement tant attendu de plus d’une année d’entraînement pour des membres du 1er Bataillon, Royal 22e Régiment, alors que ces derniers partaient finalement pour leur déploiement au sein de la Compagnie de Stabilisation A (STAB A) de l’Équipe provinciale de reconstruction de Kandahar (ÉPRK). Cette journée fut un grand pas pour la majorité de ces soldats, qui en étaient à leur premier déploiement.
La mission de ces troupes, opérant en majorité dans la ville de Kandahar, était de supporter le programme de reconstruction de la province de Kandahar en protégeant les ingénieurs, les policiers civils, les membres du Service Correctionnel du Canada et autres membres de l’équipe inter-agence en charge de différents programmes. À ces tâches de protection, la STAB A s’est fait confier le mandat de maintenir la sécurité de la ville en effectuant plusieurs patrouilles jointes avec les forces nationales de sécurité afghanes dans tous les districts de la ville, de jour comme de nuit.
La tâche n’allait vraiment pas être si simple. Beaucoup d’aspects de la vie ici sont énormément différents de la réalité canadienne. Le peloton aurait pu débarquer sur la lune que sa mission n’aurait pas été davantage complexe. Mes parents ne m’ont malheureusement pas appris l’anglais ni le pashto lorsque j’étais petit. Une chance que nous avions de très bons interprètes afghans! De plus, les différences religieuses qui sont beaucoup plus présentes ici que chez-nous ont demandé une adaptation constante dans nos horaires et dans nos agissements avec la population civile. La société, extrêmement patriarcale, a fait en sorte qu’il était rare que nous puissions faire affaire avec des femmes du pays. Il y avait aussi la température extrême qui forçait chaque militaire à boire plusieurs litres d’eau lors d’une patrouille de seulement deux ou trois heures (ça, c’est pendant une journée fraîche!). Je vous épargnerai aussi des détails concernant les petites maladies qui couraient sur le camp et dont la majorité des gens ont souffert au moins une fois durant le tour. Combinez cela avec un facteur risque tout de même plutôt omniprésent lors des patrouilles, et vous comprendrez toute la fierté des soldats de la STAB A alors que la mission approche à sa fin à grande vitesse.
Malgré ces défis à surmonter, les membres de la STAB A et de l’ÉPRK peuvent être fiers de tout le travail accompli en Afghanistan en si peu de temps. Nous partirons d’ici avec la certitude d’avoir réussi notre mission et d’avoir laissé un impact positif pour les gens de Kandahar.
Le Sgt Rémi Dubé est commandant de section au sein de la Compagnie de stabilisation A de l’ÉPRK.