Excellences,
Je tiens d’abord à remercier la République islamique d’Afghanistan et la République de Turquie pour leurs rôles en tant qu’hôte et de président de cette conférence très attendue. C’est un honneur pour le Canada de continuer à participer à ces efforts en qualité de pays apportant un soutien. Je regrette que, en raison d’affaires parlementaires urgentes, le ministre des Affaires étrangères, M. Baird, ne soit pas en mesure de nous représenter.
Le Canada salue les efforts que continuent de déployer les pays du « cœur de l’Asie » afin de faire progresser ce processus dirigé et pris en charge au niveau régional, qui consiste en des mesures concrètes et coopératives pour remédier à des problèmes économiques et de sécurité communs. La participation constructive de pays voisins dans la stabilité et le développement durables de l’Afghanistan s’avère essentielle à la réalisation du potentiel considérable de la région pendant la Décennie de la transformation, ainsi qu’à la réussite du processus de transition engagé par l’Afghanistan même. À cet égard, les progrès importants réalisés par le Processus d’Istanbul, afin de dégager et de clarifier une série de mesures de renforcement de la confiance, s’avèrent particulièrement importants.
Le Canada est prêt à aider à la mise en œuvre de ces mesures de confiance de plusieurs façons. Nous continuons à faciliter le Processus de coopération Afghanistan-Pakistan, qui vise à renforcer la coopération transfrontalière dans les domaines de la lutte contre les stupéfiants, des douanes, de l’application des lois et du mouvement des personnes. Plus spécifiquement, en ce qui concerne la lutte contre les stupéfiants, le Canada met à exécution des programmes importants contre le trafic de drogue, par l’intermédiaire de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), afin de renforcer les capacités d’interdiction des organismes d’application de la loi. Dans le cadre de ses engagements financiers actuels, il continuera d’aider à l’application de mesures de confiance dans la lutte contre les stupéfiants. De même, il poursuivra ses efforts visant à accroître la coopération et l’interaction afin de réprimer la production, le trafic et la consommation de drogues illicites.
Également dans le cadre du Processus de coopération Afghanistan-Pakistan, le Canada aide ces deux pays à respecter les exigences cruciales énoncées dans l’Accord sur le transit et le commerce Afghanistan-Pakistan. Nous facilitons en outre l’échange d’informations douanières entre ces deux pays afin d’accroître la sécurité et l’efficacité des mouvements de personnes et de marchandises légitimes.
Avec le concours de la Fondation de l’Aga Khan, le Canada aide à la mise sur pied de l’Institut pour les politiques et l’administration publiques de l’Université de l’Asie centrale. Ce projet consiste à créer une institution régionale permanente qui comblera une lacune en ce qui concerne les capacités d’analyse et le développement professionnel nécessaires aux fonctionnaires en Afghanistan, au Kazakhstan, au Tadjikistan et au Kirghizistan. Cela permettra aussi d’améliorer la capacité de ces gouvernements à promouvoir avec confiance la coopération et la diplomatie régionales. Tous ces efforts sont conformes aux objectifs du Processus d’Istanbul.
Tel qu’il est souligné dans la Déclaration, pour promouvoir la stabilité d’un Afghanistan sûr et démocratique au‑delà de 2014, il est essentiel de continuer d’aider à la formation, au renforcement des capacités et à la viabilité des Forces de sécurité nationales afghanes (FSNA), et de leur fournir du matériel. À cette fin, le premier ministre Stephen Harper a annoncé, à Chicago, que le Canada consacrerait 110 millions de dollars par année sur trois ans à partir de 2015 pour contribuer à ce que les membres des FSNA soient bien formés et bien équipés, de façon à pouvoir assurer la sécurité et la stabilité d’un Afghanistan souverain.
Dans un peu plus de trois semaines, nous nous réunirons à Tokyo. Au cours d’une année bien remplie, au cours de laquelle l’Afghanistan et la communauté internationale s’attachent à fixer l’orientation de nos futurs efforts, Tokyo nous donnera l’occasion à tous à donner suite à notre engagement mutuel à œuvrer pour que l’Afghanistan soit un partenaire sûr, prospère et bien gouverné dans le « cœur de l’Asie ». À cet égard, nous devons tous nous attacher à concrétiser les principes énoncés lors du dernier Sommet du G‑8, où il a été reconnu que l’action en faveur de la stabilité politique, de la gouvernance démocratique et de la croissance économique était étroitement liée à l’obligation du gouvernement afghan de protéger et de promouvoir les droits de la personne et les libertés fondamentales, y compris les droits des femmes et des filles et la liberté de pratiquer sa religion.
Je peux vous assurer que le Canada demeure déterminé à aider à l’atteinte de ces objectifs.